LA RENGAINE DES RESIGNES (Raoul VANEIGEM – Trad. français) par Fanchon DAEMERS

 

 

 

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Raoul Vaneigem lu par Bruno Lalonde

 

 

 


Je m’étais gardée pour toi

Depuis tout ce temps.

Puis j’ai lu que certains hommes cachaient leur lâcheté sous un discours de sacrifice personnel. Allant jusqu’à s’inventer une maladie,

Alors je me suis dit que oui, peut-être,

Tu pouvais être un lâche.

Et bien qu’après tout ce temps, mon amour pour toi, pas totalement éteint, aurait pu renaître d’une simple étincelle,

L’avoir envisagé alors que j’ai passé sept ans à t’en défendre, a mis à mon coeur un parfum amer, un point,

Une fin à l’espoir.

 

 


Au début, un regard…

Une rencontre informelle,  au milieu d’autres présents.

Un regard, une appréciation d’ensemble.

Rapidement, un rapprochement.

Pas trop près..

Tendre l’oreille pour percevoir la voix, pour écouter ce qu’elle dit du monde.

Puis, plus près pour sentir le parfum, capter les phéromones.

Puis directement, on se parle.

On voit à présent la couleur des yeux, leur intensité, leur expression.

On peut jouir du sourire qui nait sur le visage, de l’attention qui se déploie.

Proximité sans intimité particulière et plaisante.

On se livre alors en précisant, l’air de rien, qu’on est disponible.

Le tressaillement aux coins des yeux parle de surprise et de joie, une possibilité naît.

On se dit au revoir, on n’ose pas encore s’embrasser, se faire la bise, timidement, on se serre la main.

Je commence à mettre son manteau et puis, l’espace d’un instant, je me demande intérieurement si on se reverra,

Et l’instant d’après, je donne mon numéro de téléphone qu’il m’a demandé.

Le temps passe.

Le parfum commence à s’évanouir..

Et …invitation.

Timide, informelle, occasion, anniversaire.

On se retrouve et cette fois, on passe ensemble la majeure partie du temps.

Les corps s’appellent, se sentent bien ensemble, on commence à prendre soin de l’autre,  apporter une assiette, un verre d’eau.

Avoir des attentions.

On se quitte en se promettant de se revoir.

On se téléphone, on s’écrit, dévoilant à chaque fois un peu plus de ce qui nous fait nous.

On se revoit, on se promène, on ne se touche pas. On n’ose pas, pas encore.

Maintenant, on s’embrasse quand on se quitte, amicalement.

On se dit « à demain »

Et demain, on est disponible.

 » Tu accepterais de venir dîner avec moi au restaurant ? »

J’accepte, ce sera près-demain.

A peine arrivée, il se précipite, m’aide à quitter mon manteau.

Sur la table, un bouquet de roses.

Je vois qu’il est heureux.

Il me tire la chaise pour que je m’assois. Il ne regarde que moi, dans ses yeux, des étincelles.

Je le remercie pour ses fleurs magnifiques, il fait le modeste.

Il me tend le menu et je vois que ses mains tremblent.

Je le rassure d’un sourire.

Nous papotons, il rie parce que je parle très mal sa langue, il me reprend gentiment et essaie de parler ma langue, nous rions tous les deux.

Nos regards se détachent difficilement l’un de l’autre.

Je pense qu’il ne se souviendra pas de ce qu’il mange, moi j’imprime tout.

Je vois qu’il a troqué sa tenue de soldat pour un joli pull vert et un jean.

Ses beaux yeux d’un gris foncés, entourés de rides, sont très expressifs, on y voit son intelligence, sa vivacité d’esprit et son tendre attachement pour moi.

Il me raccompagnera sans un instant un geste, un regard déplacé.

Une tendre étreinte, bisou sur mes cheveux en guise d’au-revoir.

« à demain »

Nos promenades sont quotidiennes quand il n’est pas au front. Nos dîners aussi.

Et toujours cette délicieuse pudeur de nos au-revoirs.

II me présente tous les gens qu’il aime, à travers ces présentations, je vois quel homme bon, simple, il est.

Je suis très bien reçue, toujours. Je commence à faire partie de la « famille ».

Il n’est pas encore venu chez moi, je ne suis pas encore allée chez lui.

Lui comme moi avons connu trop de déceptions, nous sommes prudents et à notre âge, nous voulons, je pense, être sûrs.

Parce que ça fait trop mal, les déceptions et c’est dévastateur, à ce moment de nos vies, nous n’en voulons plus.

« à demain »

« tu accepterais de venir dîner à la maison ?, j’ai invité des amis. »

J’accepte car voir la maison d’un homme c’est voir un peu aussi « qui ».

Il a cuisiné tout seul, arrangé une belle table, acheté une fois encore des fleurs et aussi, mon thé préféré.

Il est heureux d’être ainsi entouré, avec nous, ce soir, quatre de ses amis, un couple et deux soldats. La femme, Allia parle un peu le français, un peu mais très bien, quand à lui, je vois qu’il a étudié car il a fait de gros progrès.

Nous parlons de notre vie ici au Donbass, ses copains sont étonnés de ma présence, je les avais croisé il y a un mois mais vite fait et pas le temps de se présenter plus avant.

Le repas est simple et bon, les hommes chantent,  Allia et moi chantons une chanson en français  » le temps des cerises », et je vois qu’elle la connait mieux que moi, on rie !

Il me raccompagne, sur le chemin de chez moi, on se tient la main, c’est la première fois.

Devant ma porte, il me prend dans ses bras, me serrant longuement, et me donne notre premier baiser.

C’est dur de se séparer….

J’aime ce temps long où jamais il n’a rien tenté.

Et j’aime ce moment où il tente enfin..

Quelques dîners plus tard, un soir, il me demande de rester.

Pas facile pour lui, qui n’a su dire, alors que je m’apprêtais à mettre mon manteau que : attends…j’aimerai ne pas te dire « à demain ».

Je repose mon manteau, il me prend dans ses bras, il tremble.

Je suis très émue de voir cet homme, ce soldat, qui en a toutes les caractéristiques physiques, trembler d’émotion.

Nous nous embrassons fougueusement, j’inspire son odeur musquée, il m’embrasse dans le cou, les cheveux, je me sens bien entre ses bras puissants,

Puis il m’emporte.

Nous nous emportons, heureux pour cette fois, de n’être pas séparés.

Nous nous endormons et nous réveillons sourires.

A l’issue d’un regard, de deux solitudes, avons-nous trouvé un avenir ?

Tout reste à faire mais j’en ai bien l’intention et apparemment, lui aussi.

Aimer et être aimé,

N’est-ce pas pour cela que l’on vient au monde ?

 

 

 


Mais le pire !

Est que certains devenus trop petits rêvent d’être corrompus !

Abjection !

Je ne veux pas vomir le genre humain mais à regarder certains humains,

Je vomis.

 

 

 

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